QUAND ON EST MIGRANT, LA GRÈCE, L’EUROPE, C’EST ÇA :

Si tu es migrant.e en Grèce tu sais déjà probablement à quel point la vie dans ce pays est difficile pour celles et ceux qui ne sont pas né.e.s ici. Tu sais que pour arriver aux frontières européennes – et échapper à la pauvreté et à la guerre établies en Asie et en Afrique par les petits et les grands patrons – il faut mettre en danger sa propre vie. Et que celles et ceux qui parviennent jusqu’en Europe ne sont pas traité.e.s par le pouvoir et ses gouvernements comme des personnes dans le besoin et sont à la place incarcéré.e.s dans des camps et des prisons, sans nourriture, médicaments, chauffage, éducation et liberté de circuler.
Celles et ceux qui réussisent à sortir des camps et des prisons vivent dans la peur. Ils s’inquiètent constamment pour leurs papiers, sans savoir quand la police va les arrêter dans la rue pour un contrôle – voire un passage à tabac, une arrestation ou une déportation. Celles et ceux qui trouvent du travail exercent les emplois les plus difficiles sans assurance et pour bien moins d’argent que les autres. Ils sont souvent confrontés aux humeurs meurtrières des fascistes et des racistes. Leurs enfants ne sont pas traités à égalité avec les autres enfants à l’école. Ils n’ont pas la sécurité et les droits que chaque être humain devrait avoir.
Les mesures étatiques–de tout Etat capitaliste – qui concernent les migrants rentrent dans le cadre plus générale d’une stratégie qui vise à s’en prendre à toutes celles et ceux qui font partie des classes oppréssées. Même celles et ceux qui sont né.e.s ici – ou qui sont dans ce pays depuis des années – vivent une réalité de plus en plus asphyxiante. Ils éprouvent des difficultés à vivre dignement dans les conditions qui leur sont «proposées ». Leur travail est de moins en moins bien payé, le prix élevé des loyers les chassent de leurs quartiers, et ils trouvent sans cesse la police face à eux lorsqu’ils essayent de s’auto-organiser pour obtenir des meilleurs conditions de vies et plus de libertés. Ils ont de plus en plus le sentiment de ne pas avoir le contrôle de leurs vies.
Ces derniers temps, le gouvernement de Nea Democratia, dans la continuité du gouvernement précédent Syriza, a décidé de fermer violemment plusieurs squats où vivaient principalement des migrants, dans le quartier d’Exarcheia. Bien que ces bâtiments étaient vides depuis des années et n’étaient utilisés par personne, le pouvoir et ses flics les ont évacués, jugeant que celles et ceux qui voulaient s’organiser, lutter et résoudre collectivement leur problème de logement représentaient une menace pour la « sécurité nationale » ainsi que pour les patrons. Ils ont transférés leurs résidents dans des camps de concentration et des prisons et ils ont expulsés leurs enfants des écoles du quartier. Pour empêcher que les gens retournent dans ces maisons, ils ont remplis les rues du quartier de policiers armés afin d’intimider aussi bien les locaux que les migrants vivant encore dans cette zone.
Nous faisons tous face aux mêmes obstacles, que l’on soit travaill.eur.euse.s, chôm.eur.euse.s, loc.aux.ale.s, migrant.e.s de tous pays, avec ou sans papier. Nous voulons mettre un terme aux aggressions de l’Etat à notre encontre à tous. Nous voulons nous organiser et agir, en dehors des réseaux de partis politiques et de tout autre type de profit. Nous voulons soutenir les squats et tous les lieux où les gens se rencontrent et trouvent des solutions collectives à leurs problèmes et luttent. Nous voulons mettre un terme à l’oppression avant que toute la ville ne soit envahie par l’armée et la police. Les migrant.e.s qui sont enfermé.e.s dans les horribles camps de concentration comme ceux de Moria ou de Samos se revoltent déjà. Dans ces combats ils nous trouverons à leur coté. La réponse à ce qui se passe doit être donnée par nous tou.te.s parce que c’est le seul moyen d’arrêter la peur et de prendre le pouvoir ; uniquement ainsi nous pouvons resister.

NOUS TENONS BON ENSEMBLE, NOUS NOUS BATTONS ENSEMBLE
CONTRE LA DEVALUATION DE NOS VIES
LUTTE COMMUNE SANS DIVISION NATIONALE
CONTRE L’ETAT ET LES PATRONS

MANIFESTATION SAMEDI 2 NOVEMBRE A 12H00, PLACE VICTORIA